Salon de L’Autre Livre 2006

Compte-rendu du Salon de L’Autre Livre (du 24/11 au 26/11 2006)

Le fil rouge du Salon de « L’Autre Livre » (24 - 26/11/2006)

Pour notre 4ème Salon de « L’Autre Livre », nous sommes très heureux d’avoir pu accueillir tant de diversités : diversité dans le choix des thèmes abordés au cours des conférences, diversité des personnes qui ont eu la gentillesse de venir nous les exposer et partager avec nous leurs connaissances, diversité des regards, des langues, des cultures et des modes de pensée. En guise de conclusion à notre Salon 2006, nous voudrions surligner en couleur fluo la ligne directrice de ces trois jours… et qui nous apparaît maintenant. Le fil rouge qui réunit les différents thèmes abordés, aussi variés furent-ils, c’est que nous en avons assez de la démagogie que nous distillent nos instances politiques, - les instances médiatiques ne faisant que suivre les politiques.

Ces mensonges systématiques nous touchent en plein cœur, car ils attisent la méfiance, la peur, le fatalisme, le retrait, le « chacun chez soi derrière son petit écran ». L’exemple le plus proche de nous et dont nous avons eu l’occasion de discuter hier (5) est le discours du « Vlaams Belang » et autres partis de droite. Intentionnellement, ils ne mettent en avant que des problèmes liés au racisme, à l’immigration, aux clandestins, etc., en stigmatisant ainsi toute la communauté linguistique arabe présente dans nos honorables pays européens depuis des décennies. Les jeunes de la « Brigade du Slam » (3) sont venus clamer hier, haut et fort, que ce discours est un faux discours, mais un discours largement utilisé par les médias en vue de nous amener petit à petit et sans que nous nous en rendions compte vers la droite. Le thème du racisme et des différences ethniques est un moyen facile dont abusent nos politiciens pour occulter leurs desseins réels : faire de nous des machines de production les plus performantes et les moins chères possibles. Et si nous ne voulons plus fonctionner au sein de leur « marché libre », ils nous barricadent dans les banlieues, « Germinale », « Balances », Plomcot », et autres, et nous sortent de temps en temps pour taper sur des poubelles, histoire de défouler nos colères et de ne pas mettre le feu à leur 4X4.

Nous en avons assez d’entendre des discours ethniques et élevant l’un contre l’autre : Israéliens et Palestiniens, Hamas et Hezbollah (7), Chinois et Tibétains (2), Flamands et Wallons (5), Bruxelères et immigrés (3). Nous en avons assez, car nous savons bien à présent que ces discours accusant indifféremment les fondamentalistes, les terroristes, les intégristes - et pourquoi pas les papistes, puis les pompistes -, ces discours sont promulgués et portés par nos instances qui n’ont en réalité qu’un seul but : préserver notre système économique mis en place il y a bientôt cinq siècles, préserver un monde sur lequel ne règne plus que les grands capitaux, un monde que ces mêmes instances sentent sur le déclin. Dans leur angoisse de voir agoniser ce système et de voir disparaître tous leurs privilèges, nos instances dirigeantes nous font croire aux conflits ethniques et religieux, ils nous rendent responsable des désastres écologiques, ils nous inculpent de fainéantise, de laxisme, de manque d’esprit d’entreprise. Qui plus est, on devrait avaler qu’il n’existe pas d’autres voies possibles que celles qu’ils nous proposent.

Or, les nombreux livres qui se trouvent réunis ici et dont nous n’avons pu en présenter que quelques-uns, proposent au contraire un foisonnement d’autres possibles. Par exemple, au niveau écologique, avec le livre « Domestiquer l’effet de serre » (1), qui expose de manière claire de multiples solutions techniques et pratiques, possibles à mettre en œuvre immédiatement et à budget réduit. Ces solutions inversent les discours de cataclysme écologique qui commence à hanter nos jours et nos nuits. D’autres possibles aussi, au niveau de l’agriculture : ouverture de marchés locaux, de coopératives, d’une économie agricole qui nourrissent toute la planète (ce qui, en pratique, est tout-à-fait faisable), d’une manière de travailler la terre qui soit en même temps rentable, productive et non polluante pour les nappes phréatiques (6). D’autres ouvertures encore, au niveau philosophies et spiritualités, avec la possibilité de nous passer des institutions religieuses qui sont systématiquement mises au service des pouvoirs, ceci quelle que soit la religion considérée (2). D’autres manières de bouger, de voyager et de découvrir le monde que s’engouffrer dans un charter et faire bronzette au soleil mexicain pendant les fêtes de fin d’année, puisque nous savons à présent que l’industrie du tourisme est le secteur le plus important en termes de Produit Mondial Brut (même au-delà des barils de pétrole ou que l’industrie de l’armement !) (4)… il y a de quoi repenser nos réflexes « city-trip en Ryan-Air ». D’autres possibles encore au niveau politique, exemple pouvant être pris sur les régimes émergeant actuellement en Amérique Latine et qui semblent nettement plus équitables socialement (8).

Donc, nous constatons, au travers des multiples ouvrages exposés ici, que de plus en plus de foyers de résistance surgissent, quoique encore trop timides et surtout trop peu organisés entre eux, mais qui toutefois donnent l’espoir d’un changement qui ne ressemble pas à une utopie mais qui peut se réaliser prochainement. C’est au sein de ce vaste mouvement de résistance que « L’Autre Livre » veut continuer sa route, avec vous, si vous le voulez bien.

24-25-26 novembre 2006

Salon de L’Autre Livre 2006

Cinéma Forum, Rue du Belvédère 41 à Namur (Salzinnes)

Exposition-vente de livres d’actualité (interpellante) sociale, politique, écologique et philosophique.

Quelques titres ou thèmes des livres à disposition:

  • comment résister à la pub ?
  • l’école de l’inégalité
  • globalisation et santé
  • domestiquer l’effet de serre
  • domestiquer les masses
  • décroissance ou barbarie
  • la privatisation de la violence
  • le mythe de la bonne guerre
  • comprendre le pouvoir
  • Léopold II, la folie des grandeurs
  • l’Europe de tous les dangers
  • crise économique et guerres au 21e siècle
  • Irak, le coût humain de l’occupation
  • l’avenir de la vie
  • les Etats-Unis et l’hégémonie mondiale
  • objectifs du millénaire pour le développement
  • punir les pauvres
  • la fortune des Boël
  • sur la nature humaine

et encore des centaines d’autres.

Bar, soupe, tartines - en permanence - pour accompagner la recherche intellectuelle. Programme des conférences et animations

Vendredi 24 novembre

19h00

Ouverture par Jean-Paul Desimpelaere, animateur de « L’Autre Livre » avec les questions: « Comment utiliser l’effet de serre? » et « Quelle décroissance pour qui? ». Présentation du livre « Domestiquer l’effet de serre » de Francis Meunier, physicien français.

20h00

Conférence: « Bouddhisme tibétain, versant Nord » par Elisabeth Martens. « Compassion et tolérance » ne sont pas les qualificatifs qui collent le mieux à une histoire du Tibet assez similaire à notre Moyen-âge européen. Alors, pour quelles raisons n’entend-on parler du Bouddhisme tibétain qu’en ces termes de louange ? Son expansion en Occident, sa présence médiatique et son infiltration dans notre quotidien baigné par les « recherches de soi-même et de mieux-être », ne sont pas innocentes dans la stratégie qui consiste à noircir systématiquement la Chine. Un versant Nord du Bouddhisme tibétain dont on ne soupçonne que trop peu la portée géopolitique. Elisabeth Martens est biologiste (ULB -1982) et certifiée en Médecine Traditionnelle Chinoise par l’Université de Nanjing (Chine 1988-92). Livre à paraître bientôt. Pré-édition disponible auprès de Tian-Di (asbl), www.tiandi.eu

Samedi 25 novembre

10h00

RAP, SLAM et quelques films courts métrages.

  • RAP : démo de Gery Debacker, Inforjeunes Namur.
  • SLAM : session de poésie déclamée rythmée.
  • « Un beau matin » dessin animé de Serge Avédikian, d’après « Matin Brun », de Frank Pavloff, utilisant des peintures de Solveig Von Kleist. Thème: un état policier qui s’insinue dans l’indifférence complice de tous.
  • « Ligne de vie » dessin animé de Serge Avédikian, d’après « Quelque part dans le nord de l’Allemagne » de Raymond Delvax utilisant les peintures de Raymond Delvax. Thème: un camp de prisonniers.

Comme introduction: présentation des livres « Putain de ta marque » et « Petit Manuel Anti-Pub » Paf : 1 euro

11h00

Conte: « La Vie Perdue de Pierrot Bleu » e.a., par Annik Solière

« Mon petit fils me donne bien du souci. Il croit que la vie se joue au bout de son pouce. Il croit que le coeur s'arrête et se remet en route, d'un coup de pouce. Il croit que le sang c'est de la grenadine, de la pâte à modeler rouge qu'on peut faire couler, se lancer à la tête. Pour lui, tuer, c'est faire des étincelles dans le ciel... Et moi qui suis si vieille, j'ai l'âge d'un grain de sable oublié au fond de la mer, je pense à lui, à son père, à sa mère, et je voudrais leur dire... »  « La vie perdue de Pierrot Bleu » est un conte inspiré par l'immense réseau sans fin de la cruauté du monde, pour les enfants, pas trop petits et les parents, écrit par Annik Solière et raconté par un arbre. Durée: 50’

14h30

Conférence: « vendeurs de plages et de peuples authentiques » “Expansion du tourisme international: gagnants et perdants” par François Polet.

Si l'explosion du tourisme - 10 millions de vacanciers internationaux en 1950, 1 milliard en 2010 - repose pour l'essentiel sur sa démocratisation au sein des couches moyennes des pays riches, son internationalisation n'en confirme pas moins son caractère profondément inégalitaire. Révélateurs criants des disparités Nord-Sud, les flux et l'industrie touristiques ont aussi tendance à creuser les écarts et le " premier monde " s'impose toujours comme le principal émetteur et récepteur de ces " migrants de plaisance " que sont les vacanciers. Pour autant, le tourisme est aussi devenu la première source de devises pour un tiers des " pays en voie de développement " mais à quels coûts sociaux, environnementaux et culturels ? (...)

François Polet est chercheur au CETRI (Centre Tricontinental) à Louvain-La-Neuve et responsable de l’édition annuelle du livre «En lutte! Etat des Résistances dans le monde de 2006 » qui paraît sous la forme de « Manières de voir » en collaboration avec le Monde Diplomatique. Le livre « Expansion du tourisme international: gagnants et perdants » est paru dans la collection « Alternatives Sud » n°3/2006. Points de vue du Sud, sous la direction de Bernard Duterme. www.cetri.be Introduction: présentation du livre « En lutte! Etat des Résistances dans le monde de 2006 »

17h00 Conférence: « le Vlaams Belang, derrière le racisme se cache un programme extrêmement anti-social » par Norbert Van Overloop. Il analyse le programme socio-économique de l’extrême droite. L’extrême droite obtient son électorat auprès des moins lotis: les chômeurs, les seniors avec une petite pension, les minimexés. Pourtant l’auteur constate, de choeur avec la grande finance de Flandre, que le Vlaams Belang offre encore moins aux simples gens que les patrons eux-mêmes: annulation des allocations de chômage, diminutions des taxes pour les entreprises, moins de fonctionnaires d’état, musellement des syndicats. Le racisme n’est peut-être qu’un paravent. Si les partis traditionnels ne stigmatisent que le racisme de l’extrême droite, c’est peut-être pour cacher leur propre programme de libéralisation et de lente dégradation sociale. Norbert Van Overloop est avocat à Gand et membre de « progress lawyers network », www.progresslaw.net Son livre « Wiens Belang ? » (le Vlaams Belang au profit de qui ?) est paru chez EPO, 2005. Introduction: présentation du livre « Les mots pour résister »

19h30

Conférence: “Les agriculteurs biologiques : vocation ou intérêt ? » par Denise Van Dam.

Basé sur une enquête de terrain et l’observation participative, ce livre traite des représentations et des pratiques des agriculteurs bio. Il offre un panorama varié de l’agriculture biologique en Belgique, grâce à la visite d’une trentaine d’exploitations de Flandre et de Wallonie, de grande et de moindre importance. Au fil des témoignages, le lecteur découvre des agriculteurs passionnés et fiers de leur métier. Pour beaucoup, le passage de l’agriculture traditionnelle à l’agriculture bio a été un retour à la sérénité, loin des problèmes liés au surendettement ou à la pollution (pesticides...). Ce livre très dynamique dépoussière la vieille image de « l’agriculteur bio bohème et post-soixante-huitard » et nous fait rencontrer des exploitants professionnalistes et innovants, à la recherche d’outils de production performants. Denise Van Dam, licenciée en psychologie et docteur en sociologie, est maître de conférences à l’Université de Namur. Elle est l’auteur de plusieurs articles et ouvrages sur le thème de l’identité culturelle en Wallonie et en Flandre. Elle mène, en collaboration, des recherches interdisciplinaires dans le domaine de la formation des adultes. Avec la publication de son ouvrage sur les agriculteurs biologiques, elle s’investit dans un nouveau domaine de recherches. Presses universitaires de Namur, 2005. Introduction: présentation du livre « L’avenir de la vie »

Dimanche 26 novembre

10h00

petit-déjeuner Palestinien

10h30 film sur la Palestine: "Marhaban" ce qui signifie Bienvenue! « Welcome effectivement dans ce beau décor et cette superbe ambiance...Basta, mais surement Bienvenue pour tous les Occidentaux conscients de la situation catastrophique dans laquelle se trouve le peuple Palestinien! Après un premier voyage en juillet 2002, accompagnant une mission civile organisée par l'association Belgo-Palestinienne, j'ai décidé de ne pas en rester là! Et au cours des années suivantes je me suis rendu, une fois en compagnie d'un ami ( travaillant sur une thèse en urbanisme et ayant choisi comme sujet...Le Mur!!!) et les fois suivantes, seul. Je partais au départ dans l'idée de faire des diapos et de présenter mon témoignage dans les écoles. Après une rencontre avec un Palestinien de Bethléhem qui me parlait d'un projet...à germée l'idée de faire un film ...avec mon regard...de citoyen. Je suis donc parti avec une petite caméra div et filmer...De la matière j'en avais...Des heures de tournage et Quid? Marhaban j'entendais ce mot partout où j'allais...Et le projet de ce Palestinien, George Handal...Alors, sans prétention, j'ai voulu montrer ce que , peut-être on ne montre pas souvent aux actualités...Le mur...L'encerclement de Bethléhem...Un camp de réfugiés...Dans leur propre pays! Enfin!...” film réalisé par le namurois Eric Detilleux. Durée: 45’ Projection suivi d’un débat: « Quel espoir pour la Résistance au Moyen Orient ? ». Intro: présentation du livre « la Palestine dernière colonie ? » Paf : 2 euros

12h30 Deuxième projection du film « Marhaban » Snacks palestiniens de 09h30 à 14h00

14h30 Conte: « La Vie Perdue de Pierrot Bleu » e.a., par Annik Solière

« Mon petit fils me donne bien du souci. Il croit que la vie se joue au bout de son pouce. Il croit que le coeur s'arrête et se remet en route, d'un coup de pouce. Il croit que le sang c'est de la grenadine, de la pâte à modeler rouge qu'on peut faire couler, se lancer à la tête. Pour lui, tuer, c'est faire des étincelles dans le ciel... Et moi qui suis si vieille, j'ai l'âge d'un grain de sable oublié au fond de la mer, je pense à lui, à son père, à sa mère, et je voudrais leur dire... »  « La vie perdue de Pierrot Bleu » est un conte inspiré par l'immense réseau sans fin de la cruauté du monde, pour les enfants, pas trop petits et les parents, écrit par Annik Solière et raconté par un arbre. Durée: 50’

19h00

Clôture du salon de « L’Autre Livre » Présentation du petit livre « la fin de ‘la fin de l’histoire’ » Durant tout le weekend: films du cinéma FORUM - La Couleur du Sacrifice (documentaire sur les anciens tirailleurs africains et maghrébins et la façon l'Etat français les a oubliés - mêmes thèmes que le film Indigènes) - Adam's Apple : film danois assez décalé sur la réhabilitation d'un ancien néo-nazi : c'est une comédie qui frise avec le fantastique. Sympa et déjanté - Dans Paris : film français dans le genre Nouvelle Vague - The Lost City : film d'Andy Garcia sur le Cuba des années 50 et l'arrivée au pouvoir de Castro - Le Grand SIlence : documentaire sur la Grande Chartreuse :

2h40 de film sans commentaires! Une expérience... www.cineforum.be

 

 
 
 
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